Son écriture crispée et tremblante me laissait entrevoir qu’il était sous neuroleptiques. Ian Stewart Brady possédait un style d'écriture bien à lui. Ses tournures de phrases étaient alambiquées mais faisaient état d’un certain raffinement intellectuel. Selon lui, il était important de savoir manier les mots et d’avoir un langage riche, deux éléments fondamentaux pour bénéficier d'une pensée élaborée.

Dans sa toute première lettre, il m’exprima sa satisfaction de savoir que la lecture de son livre intitulé ''Les Portes de Janus'' avait suscité mon intérêt le plus vif. Il m’expliqua que son ouvrage est désormais autorisée dans les universités britanniques et américaines.

Le bouquin de Ian Stewart Brady est en effet très intéressant dans le sens ou ce dernier nous livre une approche très personnelle du meurtre en série à travers un récit séparé en deux parties distinctes. La première partie évoque sa vision de la société, sa conception du bien et du mal, le concept du relativisme moral et il y démystifie le tueur en série. La deuxième partie, quant à elle, est consacrée à l'étude systématique de tueurs en série célèbres comme Ted Bundy ou Richard Ramirez.

Au fil de son récit très singulier, ses réflexions atteignent un bon niveau d'analyse et de maturité philosophique. Toutefois, Ian Stewart Brady n'a de cesse d’intellectualiser ses pensées dans le but de trouver justification à ses propres actes criminels.