Stanislas de Guaïta est né en Lorraine le 6 avril 1861. Ami de Maurice Barrès qu'il fit adhérer au martinisme, curieux de sciences secrètes et d'alchimie mais intoxiqué par les stupéfiants, il mourut prématurément d'une overdose le 19 décembre 1897. Il fut inhumé à Tarquimpol. Mort à 36 ans, Stanislas de Guaïta écrivait à propos des drogues.

Initié à l'ésotérisme chrétien par Éliphas Lévi, et aux grands mystères en général par Fabre d'Olivet, il exaltait la « tradition chrétienne » et prôna une synarchie qui devait marquer l'avènement d'un spiritualisme aboutissant au royaume de Dieu. C'est dans cet esprit qu'il fonda en 1889 l'ordre kabbalistique de la Rose-Croix, dont firent aussitôt partie Papus et Peladan. Celui-ci s'en sépara pour fonder un autre ordre (la Rose-Croix catholique) ; et, en 1893, l'ordre de Guaïta fut attaqué par Huysmans, qui l'accusa d'envoûter à distance l'abbé lyonnais Boullan. Des duels s'ensuivirent ; Huysmans et Jules Bois s'opposèrent à Papus et à Guaïta. Stanislas est alors « ce jeune poète dans le goût baudelairien et à qui Mendès venait de révéler Éliphas Lévi », écrit Alain Mercier dans Les Sources ésotériques et occultes de la poésie symboliste, 1870-1914 (1969). Mais Mercier ajoute que Guaïta poète (Les Oiseaux de passage, 1881 ; La Muse noire, 1883 ; Rosa mystica, 1885) « par son classicisme de forme et d'écriture, est plus proche des parnassiens que des symbolistes », si bien qu'il y eut en lui deux êtres distincts : « l'hermétiste aristocrate et généreux d'une part, le poète tourmenté et inquiet d'artifices d'autre part ».

Guaïta a laissé un nom, finalement, dans l'histoire des idées au sens large (Le Temple de Satan, 1891 ; Essais de science maudite, 1890-1897) plus que dans l'histoire littéraire.

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